Emmanuelle

PhotoEmmanuelle.jpgAprès un parcours scolaire de bonne élève, j’ai suivi de longues études car j’étais curieuse et passionnée d’apprendre sans cesse de nouvelles choses. Je croyais qu’on n’apprenait qu’à l’école et, qu’une fois sortie, ce serait fini ! Alors je suis allée le plus loin possible, jusqu’à obtenir un Doctorat en écologie. Au départ je voulais faire carrière dans la recherche scientifique, mais j’ai vite déchanté. Je me sentais coupée du « monde réel » et beaucoup trop contrainte par la course aux publications et la quasi « prostitution » désormais monnaie courante des chercheurs envers les entreprises privées faute d’argent public (dixit mon directeur d’école doctorale…). Sans moi !

Alors j’ai pris la clef des champs. Ce fut d’abord celle du journalisme d’enquête sociale, qui m’a fait rencontrer le quotidien des pêcheurs de Boulogne-sur-Mer aussi bien que celui des élèves de Zones d’Education Prioritaires dans le 93. Waouh, ce qu’on peut apprendre en dehors de l’école ! Et puis une lecture fondatrice : « L’éducation buissonnière » de Louis Espinassous. Elle m’a tellement touchée que je suis partie dans le sud de la France pour devenir éducatrice nature (en passant le BAFA dans la foulée). Un an et demi à naviguer d’école en école dans de petits villages de moyenne montagne, à me retrouver aux côtés des enseignants stressés et déprimés qui « ne voyaient plus le sens » de ce qu’ils faisaient. Ce bonheur de pouvoir pour un temps sortir les enfants des salles de classes et de les emmener en forêt, à la rivière, explorer leurs villages, toucher la terre, enlacer les arbres, écouter les oiseaux. « Merci de nous laisser faire ça, merci » me dira un jour Guillaume, le nez dans l’herbe et les yeux brillants. Frustration de ne pouvoir leur offrir que de si courtes échappées.

Alors après un burn-out, j’ai décidé d’arrêter ce métier et de créer une école proche de la nature. Au même moment j’ai découvert l’existence des écoles démocratiques. Aucun doute, c’était la voie à suivre. J’ai donc porté plus d’un an le projet de « l’école joyeuse » en Aveyron, au cours duquel j’ai participé aux différentes rencontres du réseau EUDEC France ainsi qu’à la conférence internationale de l’éducation démocratique IDEC en Finlande. J’ai visité des écoles finlandaises, notamment inspirées de Summerhill. En France, je me suis formée à la création d’une école démocratique à l’Ecole Dynamique de Paris. Toujours passionnée pour apprendre de nouvelles connaissances et compétences, j’ai également suivi des formations en éducation relationnelle (notamment l’accompagnement par les jeux de rôles) ainsi qu’en éducation sexuelle, afin de m’outiller pour pouvoir accompagner les enfants dans ces questionnements sensibles. Je continue aujourd’hui de me former en Communication Non Violente.

Ayant suivi le projet de l’Ecole à l’Envers en parallèle de mon propre projet, lorsque ce dernier s’est arrêté (pour différentes raisons, notamment la difficulté à trouver un lieu adapté en milieu rural), j’ai naturellement souhaité rejoindre l’équipe pour contribuer au développement et à la pérennité de cette école.

Je suis convaincue de la puissance et de la pertinence de l’approche Sudbury, alliant le respect de la liberté de chaque être humain et le vivre-ensemble dans un processus démocratique garantissant l’égalité de tous.

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