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Pré-Inscriptions 2018-2019

A vos agendas ! L’Ecole à l’Envers ouvre ses portes aux pré-inscriptions 2018-2019 le 5 avril et le 11 avril de 15h30 à 18h !
Imaginez un lieu où les filles et les garçons, de 3 à 19 ans déterminent leur programme en fonction de ce qui les anime. Venez nous rencontrer, découvrir ou approfondir la philosophie éducative du modèle Sudbury à cette occasion. Les membres de la première école démocratique de la Haute-Garonne vous accueilleront dans une ambiance chaleureuse.
Venir avec un dossier d’inscription complété vous donnera la priorité ! Plus d’informations sur la page des inscriptions.
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Témoignage de Margaux

Témoignage de Margaux après son immersion :

Je me replonge dans l’ambiance de ces dernières semaines pour écrire ce texte, et je me sens bien. J’ai fait un passage éclair mais non moins marquant dans l’École à l’Envers suite à ma démission de l’Éducation nationale. J’étais sortie de ces quelques années dans le système scolaire classique en grande souffrance et en ayant perdu toute confiance et motivation dans ce en quoi je croyais : une éducation respectueuse du développement humain et qui ferait de nos chers enfants des êtres épanouis, confiants et heureux. J’avais pourtant employé beaucoup d’énergie à essayer de prendre part aux changements de philosophie et de valeurs que j’observais au sein de l’Éducation nationale, mais les conditions de travail des premières années avaient fini par être un trop grand frein à mes envies et mes convictions concernant l’éducation de nos enfants. Cette confiance et cette motivation, il ne m’a fallu que quelques jours pour les retrouver au sein de cette école originale et précurseure de l’Éducation de demain.  

Voici le récit de mon aventure : le lendemain de ma demande de démission, ma sœur voit sur Facebook que l’École à l’Envers recherche des facilitateurs. Ceci m’est apparu comme un signe -et je suis extrêmement heureuse d’avoir suivi la petite voix intérieure qui me disait de foncer. Je saute donc sur mon ordinateur pour envoyer un mail et proposer ma candidature. Je reçois quelques heures plus tard un appel de Kinou, la fondatrice de l’école, me proposant un rendez-vous. Nous nous verrons dans quatre jours. Lors de cet appel, Kinou me suggère de me renseigner sur les écoles démocratiques. En effet, si le projet m’intéresse, ce type d’école reste totalement inconnu pour moi. Ou plutôt, il ne me reste que des réticences suite à ma participation à une réunion publique à l’ouverture de l’école. Ces réticences n’étaient pas nées de l’échange auquel j’avais participé, mais étaient liées au poids des idées communément admises sur l’éducation et l’enseignement, dont j’avais pourtant déjà pressenti les limites et que j’avais commencé à déconstruire au fur et à mesure de ma courte carrière d’enseignante, mais le jour de la réunion publique, elles pesaient encore beaucoup en moi. Il me semble important de signaler que j’étais très attachée à l’école publique, que j’avais toujours voulu faire ce métier et que les questions d’éducation m’avaient toujours passionnée. Ce sont d’ailleurs les raisons pour lesquelles j’ai beaucoup hésité et longtemps refusé de démissionner de l’Éducation nationale, quand bien même ma santé et mon moral en pâtissaient. Je ne m’étais donc pas vraiment renseignée sur les écoles démocratiques, et j’ai proposé par mail ma candidature sans être totalement convaincue de vouloir travailler dans ce type de structure. En réalité, j’espérais que ce poste de facilitateur était rémunéré, et je me disais que ce serait forcément une expérience enrichissante pour moi. 

Je passai donc le week-end à me renseigner sur ce type d’école à travers le documentaire vidéo mentionné sur le site de l’École à l’Envers (https://www.youtube.com/playlist?list=PLvYQC76u0SAg5ieW406M7RnHbJfneA_Nd). Je regardai la quasi intégralité des trois heures de vidéo, et plus j’avançais dans ma découverte, plus j’étais curieuse d’en apprendre davantage. À travers ce qui était dit, j’avais la sensation que des mots étaient mis sur mes convictions les plus profondes de ce que devrait être l’éducation. 

Je revins donc faire l’entretien avec les membres adultes de l’école avec une réelle motivation de découvrir et prendre part à ce projet innovant ! J’appris vite que les adultes de l’école n’étaient pas encore rémunérés car l’école était trop récente, mais qu’ils avaient vraiment besoin de personnes motivées et disponibles. Je fus en revanche mise en garde sur le fait qu’être facilitateur à l’École à l’Envers demandait un réel investissement tant au niveau du temps qu’au niveau de l’énergie. Cela ne m’effrayait pas -j’étais devenue convaincue que je voulais participer au projet-, mais je ne pouvais me permettre de travailler là-bas sans travailler ailleurs. Je proposais donc mon aide pour trois jours par semaine seulement, et pour une durée indéterminée car je ne savais pas ce qu’il en serait de mon parcours par la suite.  

Le jour-même de l’entretien, Kinou me proposa de rester dans l’école pour voir comment je m’y sentais. Moi qui pensais rentrer chez moi et passer une fin d’après-midi tranquille, je me retrouvai prise au dépourvu. Mais je sentais dans l’air que je me plairais là-bas, et après tout je n’avais rien de prévu ce jour-là. Kinou me dit : « Par contre, personne ne va venir te voir pour te dire quoi faire. Tu es libre de faire ce qu’il te plaît. On sait que ça peut être déstabilisant au début. » Soit ! J’étais justement à peine en train de redécouvrir le goût du « faire ce qu’il nous plaît ». Je me retrouvai donc livrée à moi-même parmi ces adultes et ces enfants qui n’avaient jamais cessé de s’activer, de discuter, de jouer, de travailler durant toute la durée de ma présence. Les jeunes m’avaient saluée à mon arrivée dans l’école, et certains vinrent me demander mon nom, mais rien de plus. Je décidai donc de faire ce que TOUS les adultes font lorsqu’on leur permet de se déplacer librement dans l’école : regarder les affichages, le matériel, les différents coins. Déjà la petite voix de l’enseignante (je préfère ce mot à professeur, devrait-on donc professer ?) s’agitait en moi, trouvant que peut-être les affichages n’étaient pas bien organisés, les coins bien définis, le matériel suffisant… Je ne me souviens plus aujourd’hui comment j’ai occupé mes premières heures dans l’École à l’Envers, mais je me souviens m’y être sentie bien. En partant, Kinou me demanda comment je me sentais, et m’expliqua que lorsqu’elle avait visité l’École dynamique de Paris (première école démocratique en France), elle s’était d’abord sentie désœuvrée et mal à l’aise que personne ne vienne lui dire quoi faire, mais que cette sensation avait disparu rapidement. Je me sentis soulagée d’entendre cela, et je trouvai qu’il s’agissait d’une attention touchante, de me confier cela. 

Les vacances passèrent, et je commençai mon intervention en tant que membre staff assistant dans l’École à l’Envers le 8 janvier 2018. L’école était ouverte depuis presque un an, et j’arrivai à un moment où les difficultés se faisaient ressentir, et où des décisions devaient être prises pour que le projet puisse continuer. Il faut savoir que porter un tel projet demande une énergie considérable, et que pour cela une réelle conviction est nécessaire. Les adultes que j’ai rencontrés là-bas ont cette conviction ancrée en eux : la conviction qu’une autre forme d’éducation est possible, qu’un modèle plus respectueux du développement humain existe, et qu’en amenant nos enfants à se connaître et s’écouter, le monde deviendra meilleur. Pour des raisons personnelles, je n’ai pu intervenir dans l’école que le temps d’une période scolaire, en l’occurrence jusqu’au 16 février. Et voilà ce que j’y ai vu et découvert : 

Dans cette école, il n’y a pas d’enseignement. On part du postulat (qui n’en est plus vraiment un étant donné que des écoles de ce type existent depuis plus de 40 ans aux États-Unis, et qu’elles ont largement fait les preuves de leur efficacité) que chaque être humain -et particulièrement les enfants- est curieux par nature, et que si l’on respecte ses élans de curiosité, il apprendra par lui-même tout ce qui lui paraît intéressant et nécessaire d’apprendre. S’il n’y a pas d’enseignement formel, il y a en revanche tout un tas de clubs et projets qui sont proposés, pouvant être de l’initiative des adultes ou des jeunes. La seule condition pour proposer un club ou projet étant d’avoir réfléchi (si nécessaire avec l’aide de quelqu’un) à sa faisabilité. 

Dans cette école, les enfants et les jeunes sont heureux, et bon nombre d’entre eux est déçu lorsque la journée d’école se termine. Les plus jeunes passent le plus clair de leur temps à jouer, et à interagir avec les autres. Ils ne se trouvent jamais à court d’idées et leur imagination débordante ne rencontre aucune limite si ce n’est celle de la sécurité. Les plus grands ont des activités variées : ils étudient en vue de passer le brevet, ils passent du temps entre eux ou avec les plus jeunes, sortent se balader, échangent avec les adultes… 

Dans cette école, j’ai rencontré des adultes qui s’interrogent beaucoup, se remettent sans cesse en question, qui croient en l’avenir mais ont grand besoin d’énergies nouvelles. Je me suis rapidement sentie utile parmi eux. J’étais écoutée, encouragée à prendre des initiatives et remerciée lorsque celles-ci aboutissaient à une amélioration de l’école. Mes interrogations du début quant à l’organisation des espaces et à leur contenu a notamment été tout de suite prise en compte, et mes connaissances plus « scolaires » ont été mises en valeur pour améliorer l’aménagement de l’école. J’ai découvert des collègues attentifs, et des êtres humains sensibles et bienveillants. 

Dans cette école, j’ai eu la confirmation que rien n’était immuable, qu’il fallait se réinventer sans cesse, se questionner, évoluer ensemble et pour le bien de tous, qu’il ne fallait pas baisser les bras, et que lorsqu’on est porté par des valeurs qui nous semblent justes et qui font sens pour nous, alors tout devient possible. 

Au-delà de ça, j’ai finalement rencontré des amis, petits et grands, des personnes qui m’auront permis d’évoluer, qui m’auront accueillie avec chaleur et humanité, et m’auront redonné confiance en l’Homme. J’aurais eu la chance d’avoir des conversations passionnantes et qui rendent optimiste, ainsi que celle de vivre des journées de « travail » ressemblant à des journées avec des personnes auprès de qui on se sent bien, dans un environnement chaleureux et sécurisant. 

J’encourage donc tous ceux dont la curiosité a été piquée à travers la lecture de ces lignes à aller rencontrer les membres de l’École à l’Envers lors des journées portes ouvertes ou des réunions publiques. Chacun d’entre eux est bien conscient que ce type d’école n’est pas -encore?- adapté à chaque enfant, et que l’intégrer nécessite beaucoup de remises en question et un gros travail sur soi. Mais si vous souhaitez participer à cette belle aventure, sous quelque forme que ce soit, je crois que vous ne le regretterez pas ! 

PS : à travers ce témoignage, je ne tiens en rien à faire le procès des écoles publiques. J’y ai vécu une expérience qui ne concerne que moi et je continuerai à défendre le service public d’enseignement, et je sais qu’aucun des membres de l’École à l’Envers ne souhaite faire ce procès. Un tel sujet de discussion demanderait bien plus que quelques lignes de récit, et il faudrait le prendre dans toute sa complexité pour pouvoir en débattre. Par ailleurs, je n’affirme pas que l’École à l’Envers ne connaît aucune faille, bien au contraire. Mais celles-ci sont en permanence cherchées et chaque membre fait en sorte qu’elles disparaissent au fur et à mesure de leur apparition. Il s’agit d’un processus permanent, et c’est aussi ce qui fait la richesse du quotidien lorsqu’on participe à un tel projet. 

 

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Expériences scientifiques : les couleurs

Pour notre troisième expérience, nous avons étudié les couleurs. Nous n’avions à disposition que trois couleurs : jaune, rouge, bleu à partir desquelles nous avons essayé d’en fabriquer le plus possible !

Nous avons commencé par une expérience de mélange de couleurs. Nous avons eu besoin de :

– 6 verres – de l’eau – des colorants bleu, rouge et jaune – du sopalin

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Nous avons fait des hypothèses :

  • le jaune et le bleu donneront du vert,
  • le rouge et le bleu donneront du violet ou du marron,
  • pour le jaune et le rouge, nous ne savions pas.

Pendant que l’expérience se déroulait, nous avons donc essayé de faire des mélanges de couleurs avec de la peinture.

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Voilà le résultat de notre expérience :

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  • le bleu et le jaune donnent du vert,
  • le rouge et le bleu donnent du violet,
  • le jaune et le rouge donnent du orange,
  • le mélange de tout donne une sorte de marron très foncé.

 

Petit conseil lecture pour découvrir les mélanges de couleurs :

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Couleurs – Hervé Tullet

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Expériences scientifiques : les sucettes glacées colorées

Pour la suite de nos expériences scientifiques, nous avons réfléchi à comment fabriquer une sucette glacée colorée. Dans un premier temps, les jeunes ont proposé une recette et nous avons vérifié si elle fonctionnait. Dans un deuxième temps, Margaux leur a proposé une recette à répéter autant de fois qu’ils le souhaitent !

Voici les ingrédients dont les jeunes ont eu besoin :

– un petit verre -une « pique » – une casserole – une cuillère –

des fruits – de l’eau – un sachet de gélatine

Expériences :

Recette proposée par les jeunes

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1- Verser du sucre dans le saladier (un fond).

2- Verser de l’eau froide (suffisamment pour le nombre de sucettes désiré).

3- Diluer le sucre (il ne doit plus se voir) en remuant avec la cuillère.

4- Verser un demi-sachet de gélatine.

5- Récupérer le jus des fruits en les écrasant (il peut rester quelques morceaux de fruits).

6- Ajouter le jus dans la casserole.

7- Faire bouillir pendant 2 minutes.

8- Verser dans les petits verres et ajouter la pique.

9- Laisser refroidir à l’air libre.

10- Mettre au congélateur pendant au moins 1 heure.

Recette proposée par Margaux

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1- Verser du sirop au fond du verre (peu pour une sucette peu sucrée, beaucoup pour une sucette bien sucrée).

2- Verser de l’eau jusqu’en haut du verre.

3- Mettre la pique dans le verre.

4- Mettre au congélateur pendant au moins 2 heures.

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Bonne dégustation !

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Expériences scientifiques : les volcans

Le mercredi matin, nous avons fait un atelier d’expériences scientifiques. Nous avons commencé par étudier les volcans, en imitant un volcan effusif, et un volcan explosif.

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Pour ces expériences, nous avons besoin de :

– un saladier – du bicarbonate de soude – une cuillère à soupe

– un petit pot refermable (sans visser) – du vinaigre blanc

Expériences :

Pour simuler un volcan effusif

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1- Placer le pot ouvert dans le saladier.

2- Verser du vinaigre blanc dans le pot presque jusqu’en haut.

3- Verser une cuillère à soupe de bicarbonate de soude dans le vinaigre.

le liquide jaillit et s’écoule sur les côtés du pot.

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Pour simuler un volcan explosif

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1- Placer le pot ouvert dans le saladier.

2- Verser du vinaigre blanc dans le pot presque jusqu’en haut.

3- Refermer à moitié le petit pot en laissant une petite fente.

4- Verser une cuillère à soupe de bicarbonate de soude dans le vinaigre

et refermer le pot rapidement.

des bulles se forment, le couvercle gonfle et finit par être éjecté.

Le liquide peut jaillir sur les côtés du pot.

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Ce que nous avons appris :

Un volcan est une montagne remplit de magma (lave). Parfois, le magma remonte à la surface et sort du volcan.

Il y a deux types de volcans :

  • effusif : la lave liquide jaillit du volcan et s’écoule sur les côtés.
  • explosif : la lave est plus solide et forme un bouchon qui l’empêche de jaillir. Quand la pression est trop grande, une explosion qui pulvérise le magma a lieu.
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Témoignage de Luisa

Témoignage de Luisa après son immersion en janvier 2018 :

L’École à l’envers fête son premier anniversaire aujourd’hui et j’ai eu la chance d’y passer une semaine en observatrice. J’ai vu un tas de choses, mais je suis certaine de n’avoir vu que la partie émergée de l’iceberg. Lors de mon arrivée, on m’a accueillie gentiment, mais sans plus. La première personne à me dire bonjour a été un enfant de dix ans. Il me fait signe en guise de reconnaissance, et puis il retourne à ses occupations. Un adulte fait une pause dans ses tâches et me propose de faire un tour de l’école. Je connais l’école, ce n’est pas la première fois que j’entre dans ces lieux ; je décline donc l’invitation. Je préfère laisser la personne continuer son travail et je continue à explorer à tâtons le milieu ambiant. Oui, parce que dans cette école, deux choses retiennent immédiatement l’attention : les enfants ne font que ce qu’ils veulent et les adultes travaillent constamment. Sur ces deux points j’aimerais être plus précise.

Les enfants font ce qu’ils veulent ; cela veut dire que les enfants sont libres. Ils décident de leurs activités, ils s ‘associent librement entre eux, ils participent à l’élaboration des projets, des ateliers, et des règles. Ils décident aussi de transgresser les règles et de payer le prix déterminé par le Comité de Justice. Ce qu’ils apprennent ici c’est la responsabilité et l’autonomie ; ils apprennent à vivre ensemble. Pendant la semaine que j’ai passée à l’école, certains enfants sont venus me voir, d’autres ne m’ont pas adressé la parole. J’ai apprécié les divers contacts que j’ai noués avec les jeunes membres dans la mesure où il est rare de trouver des enfants qui viennent vous parler avec une approche respectueuse du droit à la parole, où le « oui » ou le « non » sont acceptés de bonne grâce. Si je devais relever l’exception qui confirme la règle, je remarquerais que la grâce manque un peu lorsqu’ils demandent à aller jouer dehors et qu’on le leur refuse. J’ai trouvé cela dommage qu’ils ne puissent pas être plus souvent dehors. J’ai compris les raisons pour lesquelles ils ne peuvent pas sortir sans être accompagnés par des adultes et j’ai également compris que les adultes de l’école sont complètement débordés de travail. Mais j’ai quand même partagé cette frustration.

Les adultes quant a eux sont pleinement engagés dans ce projet d’éducation ; ils veillent à ce que l’école soit toujours fidèle avec ses principes de justice et de responsabilité citoyenne. Leur investissement dans les différentes activités de la journée est beau à voir, qu’il s’agisse de l’apprentissage libre au sein des divers ateliers ou des divers moments de réunion et décision collective. Il y a un rythme qui s’établit entre les moments de réunion et des moments de dispersion où chaque individu reste un peu seul dans son coin pour ensuite revenir retrouver le collectif de nouveau, et cela plusieurs fois dans une même journée. J’ai trouvé que cette cadence assure un excellent mécanisme de communication. J’ai apprécié la transparence sur toutes les actions entreprises, et qui est essentielle à l’existence même d’une telle l’école. Il est facile de ne pas se rende compte de tout ce que est nécessaire au bon fonctionnement d’une école démocratique et les murs servent non seulement de cadre aux apprentissages des enfants, ils servent aussi de rappel des membres à leurs responsabilités, aux règles et aux tâches.

Tous les jours à quinze heures un mouvement se fait ; une personne se lève, puis une autre ; et sans qu’aucune cloche ne sonne, ont voit chaque membre se mettre au travail de rangement et de ménage. Cela ne dure que quelques minutes, à l’issue desquelles l’école est de nouveau entièrement propre. La fin de la journée arrive bientôt, un ou deux enfants arrivés tôt le matin vont partir. J ‘écoute quelques conversations sur ce qu’il faut faire pour le lendemain ou pour la semaine prochaine, avant qu’un adulte ne parte aussi. D’autres adultes restent jusqu’à un peu plus tard pour réaménager le salon. Il y aura une fête à la fin de la semaine pour fêter la première année de cette école. Il y a toujours du travail à faire, Kinou a l’air un peu préoccupée ; on voit combien cette école est presque une extension d’elle même. Cette semaine a été lourde ; il y a eu des départs, des arrivées. Je ne suis là que pour une semaine, tout ce que je dis ce n’est qu’une impression d’observateur extérieur. Mais je suis admirative de tout ce qui a été accompli en l’espace d’un an. Félicitations ! Je vous souhaite du courage, un bon anniversaire – et longue vie à l’École à l’envers !

Luisa Simões

Merci pour ton témoignage Luisa !

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Résumés des conférences EUDEC (suite)

Claudia RENAU, Différences et similitudes entre unschooling et écoles démocratiques

Présentation rapide : Claudia Renau a travaillé 15 ans à l’éducation nationale puis a mis 15 ans à se déscolariser, ce qu’elle appelle « le job des adultes »… en déscolarisant aussi ses enfants, pratiquant ainsi le « unschooling ». Elle rappelle qu’aujourd’hui 1050 familles en Île de France pratique le unschooling. Elle évoque l’importance qu’a eu pour elle l’associtation L’Ecole de la vie. Aujourd’hui elle est directrice de secondaire de deux écoles démocratiques et est aussi éditrice.

Les apprentissages autonomes ou informels, sans programme et sans enseignement, au rythme des enfants, elle peut témoigner que cela fonctionne ! Et avec une efficacité profonde. Cependant, ce n’est pas immédiat et cela nécessite beaucoup de patience et surtout de confiance. Le socle de compétences est parfois acquis beaucoup plus tardivement que ce qui est prévu par l’ éducation nationale ; parfois même, il faut attendre l’âge adulte ! Mais pour Claudia, l’important, c’est vraiment la confiance dont l’enfant a besoin pour apprendre ce dont il a besoin quand il en a besoin. Souvent la lecture arrive plus tard… mais c’est avec plaisir et non pas comme une « activité occupationnelle » comme c’est le cas à l’école. Que ce soit dans le unschooling ou dans les écoles démocratiques, il faut accepter ce décalage et arriver à le justifier auprès des inspecteurs (ce qui est moins aisé pour une famille que dans une école démocratique).

Déscolarisons-nous ! Dans le unschooling, il y a un gros travail de déscolarisation à faire pour les parents. Il lui semble que c’est aussi le cas pour les parents dont les enfants sont dans des écoles démocratiques. Ce qui rend la tâche difficile, c’est que notre société toute entière est très scolarisée.

Propositions ou absence de propositions ? Dans les écoles démocratiques comme dans le unschooling, on retrouve l’absence d’attente de rythme d’apprentissage et de contenu. Mais alors que les écoles démocratiques (suivant le modèle Sudbury) affichent que rien ne sera proposé aux jeunes (a contrario de la société toute entière qui est basée sur l’inverse!), les unschoolers disent que « rien de particulier ne sera proposé aux enfants ». Cette petite nuance suppose que les parents proposent davantage de choses à leurs enfants parce que ce sont leurs enfants, qu’ils les connaissent et qu’ils acceptent que la liberté est basée sur l’acceptation d’un refus. Un enfant n’hésitera pas à dire non à une activité qui ne l’intéresse pas au sein de sa famille. Claudia remarque cependant que les enfants les plus jeunes acceptent assez spontanément puis, en grandissant, refusent plus facilement, sans doute car ils ont une meilleure connaissance d’eux-même. [Je précise que mon expérience en tant que membre staff d’une école démocratique m’a montré que les jeunes n’ont aucun mal à refuser, même les plus jeunes!]. Claudia évoque la nécessité pour les jeunes qui arrivent en école démocratique de bénéficier d’un « temps de restauration » pour retrouver leurs motivations intérieures et apprendre à mieux se connaître ; cette absence de proposition permet ce processus. Elle admet que cette composante peut être difficile à accepter pour des parents qui auraient des attentes, même si celle-là ne sont pas d’ordre scolaire.

Créer du lien : la question de l’obligation d’assiduité est fondamentale dans les écoles démocratiques car elle est nécessaire pour créer du lien. Pour Claudia, c’est un défi pour les unschoolers, qui ne bénéficient pas d’une structure permanente. Il s’agit d’arriver à créer un « réseau », malgré les variations de lieux et de personnes. Elle dit avoir l’impression que le lien ne se fait pas tout seul, dans la mesure où les unschoolers se voient peu. Il y a cette nécessité d’arriver à créer du lien rapidement, ce que le jeu permet. Cela explique que les adultes proposent assez facilement des activités, ce qui n’est pas le cas dans les écoles démocratiques de type Sudbury. Claudia pense que ce lien ne se fait pas forcément si simplement, même lorsque plusieurs personnes fréquentent le même lieu.

Règlement des conflits : au cœur des écoles démocratiques, il y a toujours un organe de régulation des conflits (cercle de médiation, conseil de justice, cercle restauratif…). Dans le cas du unschooling, il n’y a pas de réunion dédiée au règlement des conflits. Celui-ci se fait en direct ; comme c’est une habitude d’être à l’écoute de soi, cela fonctionne bien.

La discussion entre Claudia et le public finit sur une grande question : la place des parents dans une école démocratique. (Cette question fera sans doute l’objet d’un autre article).

Marie Narjoux.