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Résumés des conférences EUDEC (suite)

Peter GRAY, « Self-directed education as a worldwise movement : why is it ime now ? » (l’éducation auto-dirigée en tant que mouvement mondial : pourquoi est-ce le moment?

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Perter Gray nous invite à penser ce concept d’ « éducation auto-dirigée », terme qui se veut réunir toutes les appellations renvoyant à cette approche éducative : « unschooling », « école démocratique », « école libre », « apprentissages autonomes », etc. L’éducation est quelque chose d’inné, de naturel, qui consiste à acquérir les compétences dont on a besoin. Aujourd’hui, ce serait le moment pour généraliser l’éducation auto-dirigée, non seulement pour nos enfants mais pour tous les enfants. Pourquoi ?

Perter Gray commence par rappeler la crise éducative criante que nous vivons aujourd’hui, au début du XXIème siècle : tous les jours, les droits de l’enfant sont violés et nous ne nous en rendons même pas compte. Tout d’abord, la durée passée à l’école a beaucoup augmentée et l’âge où l’on débute l’école est de plus en plus avancé. En 1950, les enfants allaient 4 heures par jour à l’école et n’avaient pas de devoirs… On croit qu’en faisant plus (plus d’heures, plus de cours, plus de contenus, plus d’activités…), cela résoudra les problèmes alors que c’est précisément l’inverse ! De plus, la liberté des enseignants se réduisant à peau de chagrin, ces derniers n’ont pas le temps de comprendre les réels besoins des élèves. L’école est devenue un lieu de stress, de dépression, d’ennui. Il y a pour Peter Gray une « urgence psychologique » à repenser l’école.

Par ailleurs, de nombreuses études sur les enfants « auto-éduqués » montrent que cela fonctionne très bien ! La communauté des « unschoolers » (ceux qui ne vont pas à l’école et ne font pas non plus ce qu’on appelle « l’école à la maison ») est en pleine croissance. Aux États Unis, cette communauté représente deux millions de personnes. On découvre donc que d’autres possibilités existent et qu’elles fonctionnent parfaitement avec le monde d’aujourd’hui. Avec internet, l’éducation auto-dirigée devient plus facile : chacun peut acquérir seul les compétences dont il a besoin. L’idée d’aller à l’école pour avoir des informations n’est plus valable. Enfin, les métiers ont beaucoup évolué. On n’a plus besoin de gens qui reproduisent des gestes montrés ; on n’a plus besoin du « par coeur ». On a avant tout besoin de personnes compétentes dans le domaine du relationnel et du social.

Peter Gray propose l’idée de mettre de l’argent dans des « centres d’apprentissage » qui seraient gratuits pour tous.

Défendre l’éducation auto-dirigée, moyen le plus naturel d’acquérir des compétences, permettrait de faire évoluer notre manière d’être en lien avec les autres et avec l’environnement.

Marie Narjoux

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