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Résumés de conférences EUDEC (suite)

Henri READHEAD, Summerhill : « the method behind madness » (derrière la folie, une méthode)

Petites biographie d’Henri par Henri :

Henri est le petit fils de A.S. NEILL. Il a été à l’école Summerhill entre ses 3 et ses 16 ans. Il a fait des études puis a travaillé dans la construction. A 21 ans, il était ingénieur du son ; après des études, il a créé une maison d’enregistrement. Il est revenu à Summerhill en 2003 et y a dirigé pendant 12 ans le studio d’enregistrement de l’école. Il est ensuite devenu sous-directeur de l’école. Depuis 5 ans, il a pris conscience de sa passion pour Summerhill et pour l’éducation ; il donne de nombreuses conférences et poursuit son activité de directeur-assistant de l’école avec son frère, sa mère restant « the boss ».

Le but de Summerhill est double : accueillir TOUS les enfants et mettre en avant l’aspect social et émotionnel de l’éducation. « Living before learning » : alors que les écoles traditionnelles considèrent que la part émotionnelle et sociale revient à la famille et que la part apprentissages formels revient à l’école, à Summerhil, on vit avant d’apprendre. A Summerhill on développe la capacité à se connecter à ce que l’on est. Il s’agit de permettre à chacun de se concentrer sur soi mais aussi d’être capable de vivre avec les autres. Henri voit plus l’école comme un lieu de prévention que de résolution de conflits. Pour lui, le but en éducation, c’est de considérer d’abord l’émotionnel et le social. L’apprentissage vient après. Il est pour lui fondamental de créer d’abord la confiance, avec toute l’énergie que cela nécessite.

La liberté est pour lui la clé du développement de l’enfant ; elle n’est pas la permissivité (« freedom not licence ») car la liberté n’est permise que lorsque l’on respecte celle des autres et cela peut être très contraignant…

L’égalité est permise par le principe du conseil (« the meeting »). Il y a un vrai souci de rendre ces conseils les plus simples possibles. De ce fait, la gestion de conflit pendant les conseils est très rapide : la communauté donne une sanction mais on ne discute pas de psychologie. Henri insiste sur l’importance de la posture dans les conseils de justice : on distingue bien la personne, dont on ne dit jamais qu’elle est mauvaise, de son acte. Ce système de conseil permet que même un enfant de 5 ans n’aille pas s’en remettre à un adulte.

Lorsqu’un enfant arrive avec un gros bagage émotionnel, l’attitude à Summerhill est de surtout ne rien faire ! Laisser cet enfant être un enfant, et il reprendra pied rapidement.

Les relations aux parents sont assez distantes ; ces derniers ne sont pas impliqués dans l’école, d’autant moins que l’école est un internat et que des périodes assez longues peuvent se passer sans contact avec les parents (période de 11 semaines entre chaque vacance). S’ils ont besoin de soutien, l’école communiquera avec eux mais elle se refuse à dire comment l’enfant progresse d’un point de vue académique. C’est à l’enfant de le dire s’il le souhaite.

Actuellement, l’école est ouverte à partir de 5 ans et n’accepte pas de jeunes après 12 ou 13 ans. Elle coûte 1000 euros par mois.

Marie Narjoux

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