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Comment transmettre ce qu’on n’a pas reçu?

Valérie, une participante de notre journée à La Chapelle m’a posé la question: comment vous occupez-vous de « comment transmettre ce qu’on n’a pas reçu » ?

C’est un fait : aucun-e de nous n’a grandi dans un environnement où nous étions libres de vivre et d’apprendre à notre rythme et selon nos choix ; aucun-e de nous n’a expérimenté cette responsabilité complète de ses actes et de ses choix dès le plus jeune âge…

Et de mon côté, c’est une question que je me pose régulièrement sous la forme ‘quels sont les pré-requis pour être membre de l’équipe d’une école Sudbury?’
La première fois que l’on m’a suggéré cette possibilité, un dimanche ensoleillé du mois de février, j’ai été flattée. Et je me suis efforcée ensuite de ‘mériter’ cette attention et cette place dans l’équipe (sans tellement me demander si je la voulais ou non).
Aujourd’hui, après plusieurs mois de travail en équipe, l’expérience du week-end EUDEC, et de nombreux échanges, je vois les choses différemment. C’est un engagement que je veux prendre librement, sans le soumettre aux attentes, envies ou réticences d’autres personnes. Et c’est un engagement exigeant, au sens où je suis responsable d’approfondir ma connaissance de moi pour être moi-même dans mes relations aux autres et vivre des échanges authentiques.

Nous ne serons pas des enseignants, ni même des guides ou des leaders : « juste » des personnes qui sont là, présentes et disponibles, pour assurer la mise en place et le maintien d’un environnement respectueux de chacun-e.

En dehors du travail sur moi, primordial, une dimension vraiment très importante à mes yeux est de constituer une équipe solide.
Dans notre équipe d’adultes, nous travaillons, dès maintenant, à créer ce climat de confiance, de non-jugement et d’accueil de la différence que nous voulons faire vivre dans l’école.
C’est difficile!
Nous nous inspirons des expériences d’autres équipes (celle de La Croisée des chemins, par exemple, où Blaise a passé une semaine début mai). Nous créons des moments dédiés à l’expression de nos ressentis et de nos besoins (nos « réunions d’équipe », tous les 15 jours actuellement). Nous cherchons à échanger le plus possible pour nous connaître profondément et nous sentir tout le temps en confiance.
Nous suivrons aussi ensemble pendant l’été une formation « Communiquer et coopérer ». Je suis convaincue que cet effort est nécessaire pour aborder efficacement les mois qui suivront l’ouverture de l’école. Nous pourrons nous appuyer les un-e-s sur les autres, nous saurons gérer nos désaccords ou nos conflits.

Pour l’équipe comme pour chacun personnellement, il n’y a à mon sens pas de pré-requis, en dehors de l’envie d’être là, et d’apporter ce que nous sommes le plus authentiquement possible. C’est ainsi que ce projet portera ses fruits, et que notre école permettra aux enfants et adolescent-e-s qui nous rejoindront de vivre, libres et responsables.

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